Charles Darwin : la tourmente du questionnement permanent

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Se définissant avec beaucoup de subtilité comme étant non athée lorsque Dieu est distinct des religions, mais agnostique lorsque Dieu est défini comme créateur et organisateur absolu de toute chose. Il se disait aussi chrétien dans la mesure où le Christ est distingué de Dieu. Il se disait croyant si Dieu est défini commecréateur de l’impulsion originale de l’univers, mais athéesi Dieu est défini comme créateur agissant dans tout et non chrétien si les miracles des évangiles sont décrits comme justes authentiques et exemplaires.

Oufffff , pas simple !!! mais on aime ça !

Bref, tout un débat à lui tout seul ! pas de certitudes mais des questions, il trouva sa place dans la paroisse unitarienne de Unitarian Church in Shrewsbury, Angleterre.

Il faut souligner la personnalité fascinante de sa femme Emma, unitarienne convaincue et davantage chrétienne que Charles. Ils eurent des échanges polémiques passionnés tout au long de leur vie et j’avoue même qu’Emma était une personnalité religieuse encore plus intrigante que Charles. Je vous en reparlerai. En résumé, Charles Darwin était un unitarien non chrétien, bouleversé et en questionnement permanent. Il faut retenir de lui son refus de mêler la science et la foi, aucune des deux ne devant renforcer ou affaiblir l’autre.

Dans une perspective historique, Darwin aurait fait un parfait Québécois des années 1970 car il était déçu par les dogmes, questionnant, se contredisant, émotif, croyant en Dieu tant qu’il n’est pas défini, mais rejetant Dieu si défini par les religions.

Voici quelques citations de la même année 1876 : « En continuant à réfléchir sur le fait qu'il faudrait les preuves les plus manifestes pour persuader tout homme sensé de la vérité des miracles sur lesquels est fondé le christianisme ; que plus nous connaissons les lois fixées par la nature plus il devient impossible de croire aux miracles ; que les hommes de ce temps-là étaient ignorants et naïfs à un point que nous n'arrivons presque plus à comprendre ; qu'il est impossible de prouver que les Évangiles ont été écrits à l'époque des événements qu'ils rapportent ; qu'ils diffèrent entre eux par une foule de détails importants, trop importants pour qu'on puisse les expliquer par les inadvertances ordinaires des témoins oculaires ; toutes réflexions que je ne donne pas comme nouvelles et dont je ne discute pas la valeur, mais qui m'ont influencé, j'en suis venu peu à peu à refuser de croire au christianisme comme à une révélation divine. »

« Il ne faut pas négliger non plus le fait que l'on inculque toujours aux enfants la croyance en un dieu, à une époque où leur cerveau n'est pas totalement formé. L'effet sur eux est si puissant, et comparable à un caractère hérité, qu'il serait aussi difficile pour eux de rejeter cette croyance que de faire disparaître chez un singe sa peur instinctive et sa haine des serpents. »

« Je vis l'extrême difficulté ou plutôt l'impossibilité de concevoir cet univers immense et magnifique, y compris l'homme avec sa capacité de regarder au loin dans le passé et dans le futur, comme le résultat d'un hasard ou d'une nécessité aveugle. Quand je réfléchis ainsi, je me sens obligé d'imaginer une Cause première douée d'un esprit intelligent, analogue à un certain degré à celui de l'homme ; et je mérite d'être appelé théiste. »

« N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule ? »

« En ce qui concerne l'aspect théologique de la question, il est toujours pénible pour moi. Je suis déconcerté. Je n'avais aucune intention d'écrire en faveur de l'athéisme mais, où que je regarde autour de nous, j'avoue qu'il m'est impossible de voir aussi clairement, et comme je le voudrais bien, la preuve d'un dessein et d'une bienveillance. ».

Notre salle Charles Darwin à l’église est donc un parfait espace d’exploration des idées.